UCL

    Super-bébés : ils repèrent un visage en 150 millisecondes

    03/06/2015
    Une étude du « Face Baby Lab » de l’UCL, publiée par les scientifiques Adelaïde de Heering et Bruno Rossion dans la revue scientifique eLife ce 2 juin 2015, démontre qu’un bébé de quatre mois distingue déjà très rapidement les visages des autres objets et révèle la spécialisation précoce du cerveau droit dans la reconnaissance des visages.

    Pour compléter cette étude, dix bébés âgés de quatre à six mois, confortablement installés auprès de leur parent, visionnaient par tranches de 20 secondes une séquence de 120 images. Un bonnet muni de 32 capteurs d’électroencéphalogramme (EEG) placé sur leur tête enregistrait l’activité cérébrale au gré du défilement des images : des animaux, des plantes, des objets dans des scènes naturelles, et enfin des visages variés en taille, en genre, en éclairage ou encore en point de vue. En quelques minutes d’enregistrement, deux fréquences d’intérêt étaient ainsi observées : 6 hertz pour les 6 images par seconde et 1,2 hertz pour les visages qui apparaissaient une fois sur cinq.

    Résultats du test : un pic d’activité cérébrale à 1,2 hertz dans l’EEG se traduit une réponse spécifique aux visages dans l’hémisphère droit du cerveau. A quatre mois, oui, bébé sait faire la différence entre de nombreux visages et éléments clairement distincts les uns des autres. De plus, en moins de 150 millisecondes, il le fait plus rapidement qu’un programme d’ordinateur. L’humain est la seule espèce animale à spécialiser l’hémisphère droit du cerveau dans la reconnaissance de visage, et cette étude UCL démontre que cela se produit à un stade très précoce, ce qui infirme la théorie selon laquelle elle serait liée à la spécialisation du cerveau gauche pour la lecture.

    Grâce aux études du Laboratoire de reconnaissance du visage, les scientifiques entendent développer à l’avenir un outil de diagnostic capable de révéler la présence d’une pathologie visuelle dès la petite enfance. La prosopagnosie, ou trouble de la reconnaissance des visages, touche actuellement 2% de la population belge et se manifeste par exemple chez les enfants atteints d’autisme ou du syndrome d’Asperger.

    Communiqué de presse UCL


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